Pas de pub dans les écoles

Pour des vélos libérés de la publicité


L’association Résistance à l’agression publicitaire (R.A.P.) lance une campagne intitulée « Pour des vélos libérés de la publicité.» Notre objectif n’est pas de discuter l’utilité, ni le succès du système des vélos en libre service mais bien d’en dénoncer le mode de gestion et ses conséquences.

Nous souhaitons d’une part, informer les citoyens sur le fonctionnement et les contreparties de ces vélos en libre service (VLS) couplés à de la publicité d’autre part, alerter les maires sur les dangers de lier le marché des VLS avec le marché publicitaire et de les inciter à mettre en place un véritable service public de VLS.

Si vous souhaitez réagir ou agir

> Signer et diffuser le « Manifeste pour des vélos libérés de la publicité » pour les associations, collectifs, organisations politiques ou la « pétition pour des vélos libérés de la publicité » pour les citoyens,
> Envoyer le dossier sur les dangers de lier le service de vélos en libre service au marché publicitaire à votre maire.


Manifeste

A l’heure du réchauffement climatique, l’instrumentalisation d’un projet utile comme le système des vélos en libre service (VLS) par les publicitaires est particulièrement grave pour la société et l’environnement car avant d’être un projet de développement d’un mode de transport non polluant, le système des VLS est avant tout un marché publicitaire.
La contrepartie des VLS se traduit par une augmentation du nombre de publicités avec la généralisation du défilement des panneaux. Systèmes déroulants et le plus souvent lumineux qui décuplent leur impact sur les paysages, provoquant une gêne visuelle conséquente pour les habitants et un gaspillage énergétique inacceptable.
Alors que de plus en plus de villes et de citoyens souhaitent une diminution de la pression publicitaire, il est intolérable que les VLS servent à justifier une inflation de publicités.

En outre, contrairement aux idées reçues, les VLS ne sont pas gratuits et encore moins payés par la publicité. Avec ce système, les villes abandonnent une recette potentielle très importante : la redevance qu’elles toucheraient normalement avec les panneaux publicitaires. Parfois, cette redevance n’est pas jugée suffisante par les afficheurs, qui demandent des contreparties supplémentaires, comme l’argent de la location des vélos, etc.
Mais, c’est surtout le consommateur qui, par le biais de ses achats, paye le système de VLS. L’argent des publicitaires ne vient pas du ciel !

De plus, la collusion du marché des VLS avec la publicité limite le choix des opérateurs aux spécialistes de la publicité, excluant des appels d’offre les professionnels du vélo qui ne proposent pas de gérer de l’affichage publicitaire.
Or, une politique crédible en la matière mériterait qu’on y associe les professionnels de la question. N’y a-t-il pas contradiction totale à financer un projet de promotion de vélos par un secteur qui fait l’apologie de la voiture ?

Il n’est donc pas question de discuter l’utilité de ce projet de vélos en libre service mais bien d’en dénoncer le mode de gestion. Aucune raison fonctionnelle ne justifie de lier vélos et panneaux publicitaires. Au contraire, les collectivités gagneraient davantage notamment en termes de transparence des coûts, de souplesse de fonctionnement et de respect de la concurrence, à dissocier le marché publicitaire du marché des vélos en libre-service.

Plusieurs villes ont envisagé la mise à disposition de vélos en libre service comme un véritable service public. Ainsi, la communauté d’agglomérations du Val de Loire a offert des VLS au même coût que les entreprises d’affichage, mais sans couplage avec un marché publicitaire. Véritable autorité organisatrice de la promotion de ce service, la ville ne se trouve pas pieds et poings liés au marché publicitaire.

En conséquence, nous demandons que la mise à disposition de vélos en libre service ne soit jamais liée au marché publicitaire mais soit au contraire envisagée comme un véritable service public de promotion du vélo au service de la population et non comme un outil de promotion au service des publicitaires.
Au même titre que le bus ou le tramway, la collectivité doit être l’autorité organisatrice de ce service public au lieu d’en confier la responsabilité à des publicitaires privilégiant le choix du court terme par facilité ou par souci électoral.

Les organisations : Résistance à l’agression publicitaire, Agir pour l’Environnement, Action consommation, La Vélorution, Fac Verte, Les Déboulonneurs, Casseurs de pub, La Décroissance, Les Verts, Chiche !, Solidaires Cyclocity

Les personnalités : M. Löwy (directeur de recherches émérite au CNRS), C. Nenner (conseillère de Paris), P. Ariès (politologue), F. Brune (écrivain et journaliste), JF. Pelissier (Adjoint au maire du 13ème), JC. Mikhaïloff (Secrétaire général de la fédération de Paris du Parti Radical de Gauche), Marion Lepresle (conseillère municipale d'Amiens), Thomas Guéret (président de R.A.P.), Michel Blain (président de Paysage de France), Denis Baupin (tête de liste des Verts à Paris et maire adjoint de Paris chargé des transports, de la circulation et du stationnement)

> Le Manifeste en format .pdf





Le dossier à envoyer au mairie


L’association R.A.P. a réalisé un dossier pour interpeller les maires concernant la tendance actuelle du financement des services publics par la publicité. Les VLS, mis en place et gérés par les afficheurs, en sont une illustration. A travers ce dossier, il n’est pas question de discuter l’utilité de ce service mais d’en apprécier le mode de gestion.

Notre but est d’alerter les maires sur les dangers que peut constituer le choix de coupler un contrat de VLS avec un contrat d’affichage publicitaire et de leur montrer les avantages de séparer ces deux marchés. En effet, il est possible pour la collectivité de créer un service de location de vélo et, à côté, dans le cadre d’un deuxième marché, de percevoir des recettes publicitaires. Plusieurs villes (La Rochelle, Strasbourg, Orléans, etc.) ont fait ce choix de déconnecter les deux marchés, se plaçant ainsi en véritable autorité organisatrice de la promotion de ce transport doux.

Cette action de sensibilisation du pouvoir politique quant aux dangers du financement publicitaire des services publics a débuté le 9 avril par l'envoi de ce dossier à un certain nombre de maires de grandes villes de France, dont la liste vous est présentée ci-dessous :
> Liste (.xls)

Que le dossier ait été envoyé à votre maire ou non, vous pouvez relayer cette action en envoyant à nouveau ce dossier. Plus les mairies en recevront, plus ils sentiront une pression citoyenne, plus ils se questionneront sur leurs choix.

Mais, vous pouvez aussi envoyer le dossier par mail. Il est constitué :

- D’une lettre (.pdf)
- Du manifeste (.pdf)
- Des annexes (.zip)

Si vous souhaitez relayer cette action et envoyer ce dossier à votre maire, demandez l’intégralité du dossier
à ou au 01 43 28 39 21


- Pour obtenir des tracts "Pour des vélos libérés de la publicité" , c'est ici


Pour aller plus loin :

*Sur la question de l'affichage publicitaire :
> Rue 89 : "Vélib' à paris ou Vélo'v à lyon :à fond la pub" 20-07-07 par Roberto-Fitsman
> Politis : "Ces vélos qui roulent pour la pub" 06-03-08

*Sur la problématique de la promotion du vélo :
> La Vélorution Parisienne : http://www.velorution.org/articles/rubrique88.html
La Vélorution et le projet parisien de VLS :
- Texte "Vélib’ : Vé-liberté ou Vé-libéral ?" 11-01-08, par Jean-René Carré
- Critique et proposition de la Vélorution sur le projet Parisien de VLS 10-11-06

> La Vélorution Strasbourgeoise : http://crep.strasbourg.free.fr/spip.php?article104

*Sur l'informatisation du système des VLS :
Hybridation et bicyclette de "Relocaliser et Désinformatiser" 20-04-08

*Conditions salariales :
Tract du syndicat "Solidaires" sur Cyclocity: "Le vrai visage de Vélib" 16-06-08